UNIVERSITÉ DE PARIS IV-SORBONNE
  Centre d'Études ibériques et latino-américaines appliquées
  C.E.I.L.A.
  

Marc GUIBLIN        
   LE MARKETING DU TOURISME SPATIAL   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le marketing du tourisme spatial : une innovation projectionnelle »  une innovation projectionnelle


Le marketing du tourisme spatial : une innovation projectionnelle
Les quelques projets que nous venons d'élaborer sont la résultante d'une extension créatrice et représentent des exemples d'innovations, en vue d'une incitation promotionnelle. Les projets d'une telle envergure nécessitent des investissements considérables. Ces quelques exemples constituent des points de départ à notre démarche marketing. A aucun moment nous ne sommes susceptibles de perdre de vue que la connaissance des "produits" - ou dans ce cas précis de services - est indispensable pour leur promotion et leur vente. Nous ne pouvons mettre en place de projet marketing sans prendre en compte une politique concrète et sans cet apport, fût-il dans l'immédiat incomplet voire illusoire.
L'étude de marché
Le tourisme spatial revêt dans l'immédiat une forme qui est encore de l'ordre de l'imaginaire. C'est pourquoi on ne peut parler encore vraiment de concurrence hormis l'idée que partagent quelques organismes privés qui cherchent à concevoir ces projets et à vendre les premiers billets pour un voyage dans l'espace. Il s'agit donc de mettre en place une nouvelle forme de services touristiques. Cependant, nous devons avoir une idée exacte de l'importance du marché. Il nous faudrait des indications sur le nombre d'acheteurs potentiels, sur le pouvoir d'achat réel. Une étude de marché est la condition préalable à une bonne politique de vente et permettrait d'éviter le risque ou de le minimiser. Il est indispensable de connaître les désirs et les aspirations ainsi que les motivations du consommateur potentiel, qui, dans notre cas touristique, ne peut se soustraire qu'à une élite fortunée ou à certains scientifiques, compte tenu des prix exorbitants. Sont à prendre en compte le problème de publicité et de la promotion des ventes. En un laps de temps devraient être recueillis les renseignements de l'enquête afin de trouver les moyens d'action appropriés. Pour chacun des projets, peut être proposée cette enquête préliminaire :
Questionnaire : lancement de [nom du projet]

A. Les consommateurs
01. Quel type de consommateur sera intéressé par le projet ?
02. Combien d'acheteurs potentiels y a-t-il ?
03. Où vivent les acheteurs potentiels ?
04. Le prix prévu pour l'un des voyages (ou attractions) est-il adapté aux possibilités des acheteurs ?
05. Quelle pourrait être le montant des services proposés ?
06. Quelle probabilité y a-t-il pour que ce marché trouve une rentabilité et évolue dans le sens de la demande ?
07. Quelle pourrait être la régularité d'achat des places ?
08. Existerait-il des variations saisonnières dans la vente de ces places et de ces services touristiques ?
09. Quels aspects des services proposés intéressent le plus les acheteurs ?

B. Les circuits de distribution des places
10. Par l'intermédiaire de quel(s) circuit(s) ce genre de services peut-il parvenir aux acheteurs ?
11. Comment des entités de la concurrence prévoient-elles de vendre ces services et places ?
12. Quelles sont les organisations susceptibles d'assurer de tels services ?

C. La concurrence
13. Quelle peut être la concurrence de la vente des places et des services ?
14. Quelle pourrait être la situation sur ce marché potentiel des différentes organisations concurrentielles ?
15. Est-il probable que la concurrence fournisse un plus gros effort ?
16. Le lancement rapide est-il facile ou probable ?
 
La NASA et les organismes liés aux recherches dans l'espace semblent posséder le monopole quant à l'adoption de projets en vue du tourisme spatial. Dans le cas d'une décision de laisser à des organismes privés (intermédiaires) le soin d'assurer les services qu'une telle entreprise suppose, il semble évident que ceci introduira une concurrence de ces organismes. Il pourrait s'agir d'agences de voyage qui amplifieraient l'horizon des services qu'elles proposent.
Toute décision à prendre est sujette aux informations recueillies, aux informations pertinentes concernant le sujet - projet - et il faut prévoir toutes les réponses. Tout projet s'accompagne d'un calendrier (conformément au temps qui nous est imparti) et d'un devis. L'analyse dépend de la profondeur de précision de l'étude de marché. Si l'étude de marché fait coïncider les intervenants de l'offre et de la demande, les services et les produits vendus (tels que les objets souvenirs, cartes postales, dépliants et revues spécialisées détaillant les excursions, l'évolution des projets, explicités d'images photographiques prises dans l'espace), le marketing et le service de recherche sont étroitement liés (cf. prise en compte des projets). Les différentes sources que nous pouvons consulter et à partir desquelles nous fournissons l'information prétendent détailler l'information et ouvrent des possibilités. Il est clair que l'on ne vend pas les mêmes services en fonction du projet qu'il nous faut parfaitement connaître dans ses moindres détails.
Par le choix du consommateur dont la fréquence d'achat est trop faible, la méthode des panels s'impose en fonction d'un échantillon encore réduit et qualitatif. Notre démarche, par une étude de terrain, viserait à prendre contact avec les clients potentiels, les agents et partenaires commerciaux. Se met par ailleurs en place une concurrence internationale. Une dimension internationale intervient dans l'étude, apportant une difficulté supplémentaire au moment où aux Etats-Unis ou au Japon, des agences commercialisent déjà des tickets en prévision de vacances sur la Lune. A Seattle, une officine privée vend des packages aller-retour en navette privée - qui reste à construire - à partir de 200 000 F. A Tokyo, le groupe de construction Shimizu envisage de bâtir des hôtels spatiaux de même qu'un palace lunaire (coût prévisionnel de ce voyage jusqu'à 400 000 F pour 3 nuits).
Notre étude devrait prendre en compte les comportements commerciaux, sociaux et culturels. Il en résulte un coût élevé, des risques à mesurer, une décision stratégique d'approche dans l'estimation du degré d'attractivité de ce nouveau marché sur le long terme, eu égard aux investissements considérables (distribution du service, concurrence, instruments publicitaires, veille technologique).
La politique de prix
La notion de prix suppose une quantité d'argent nécessaire pour acquérir un service ou un biens (souvenirs...). La NASA, l'ESA et la RKA semblent être les organismes susceptibles d'approuver une mise en oeuvre de diffusion du tourisme spatial puisqu'ils s'assurent de la recherche quant aux vols extra-terrestres. La NASA pourrait s'assurer de la vente de billets de voyage d'une manière directe ou indirecte par un intermédiaire de distribution, laissant entrevoir une différence entre le prix tarif initial et le prix de vente à l'acheteur final. Les coûts directs du voyage (prix de lancement de la fusée ou de la navette, carburant, équipage accompagnateur...) sont fixés. Actuellement un vol de la navette américaine est estimé à 3 000 000 F. et on espère diviser ce coût par 100 voire 1000 dans les décennies à venir, grâce aux progrès technologiques. Il est on ne peut plus clair que l'objectif à atteindre, quant à la fixation de prix, relève du problème central de la rentabilité qu'il faut maximiser afin de "rentrer dans ses frais".
Le prix de vente d'un billet pour un voyage sur la Lune ou la station orbitale ISS dépend de la structure des coûts de la "production" citée (voyage, matières premières inhérentes à la fabrication des diverses structures et infrastructures des projets et accueil, ensemble des services compris dont la suppression des déchets) mais également de la commercialisation et de la communication du service touristique. Viennent s'ajouter les charges pour la distribution (marges). On s'adresse donc au segment dont la demande est la plus inélastique. L'objectif d'image que l'on souhaite donner au service s'exprime à l'aide de son "positionnement" vis-à-vis des autres services proposés par une concurrence.
Au niveau concurrentiel, l'évolution future de la prévision est difficile à évaluer, au niveau de la distribution de billets, le prix final a une influence sur les décisions d'achat du client. Il apparaît également clairement une originalité et la non substitualité des services et biens proposés, ce qui induit à la fois le sentiment pour l'acheteur de ne pouvoir les remplacer et la faible élasticité dans le contexte actuel.
En vue d'enquêtes sur les attitudes des clients à l'égard du prix (connaissance du prix et importance attachée à celui-ci, niveau d'acceptabilité du prix), une fixation du prix est recommandable par une approche des coûts, par un calcul du prix de revient unitaire complet (coûts variables - tel que le prix du carburant - et frais fixes), en ajoutant une marge nette. La politique des coûts, grâce aux progrès techniques et, faute de ne pouvoir le diminuer, devrait maintenir le niveau du prix et réaliser un profit permettant une rentabilité. Une action promotionnelle n'est pas envisageable dès le lancement des prestations malgré un projet "lune de miel" dans l'un des hôtels lunaires du groupe Shimizu. Par ailleurs l'élasticité de la demande par rapport au prix devrait montrer la capacité du client à accepter cette politique lorsque sont recherchés les deux objectifs majeurs : la rentabilité et la conquête et stabilisation de parts de ce nouveau marché. De plus, tout bien (objets souvenirs, assurances...) est soumis à une politique de prix sur un marché monopolistique dès leur lancement, par l'existence d'un prix fixe (coûts directs et indirects, fixes, tels que l'amortissement des machines de fabrication des objets souvenirs, et variables, tels que le transport et les livraisons, le coût des billets de voyage, de leur impression et émission). Le prix pourrait jouer un rôle de frein à l'achat si les cibles initiales n'étaient pas constituées d'une élite déjà énoncée.
Haut de page