Le tourisme spatial revêt dans l'immédiat une forme qui est encore de l'ordre de l'imaginaire.
C'est pourquoi on ne peut parler encore vraiment de concurrence hormis l'idée
que partagent quelques organismes privés qui cherchent à concevoir
ces projets et à vendre les premiers billets pour un voyage dans l'espace.
Il s'agit donc de mettre en place une nouvelle forme de services touristiques.
Cependant, nous devons avoir une idée exacte de l'importance du marché.
Il nous faudrait des indications sur le nombre d'acheteurs potentiels, sur le
pouvoir d'achat réel. Une étude de marché est la condition
préalable à une bonne politique de vente et permettrait d'éviter
le risque ou de le minimiser. Il est indispensable de connaître les désirs
et les aspirations ainsi que les motivations du consommateur potentiel, qui,
dans notre cas touristique, ne peut se soustraire qu'à une élite
fortunée ou à certains scientifiques, compte tenu des prix exorbitants.
Sont à prendre en compte le problème de publicité et de
la promotion des ventes. En un laps de temps devraient être recueillis
les renseignements de l'enquête afin de trouver les moyens d'action appropriés.
Pour chacun des projets, peut être proposée cette enquête
préliminaire :
Questionnaire : lancement de [nom du projet]
A. Les consommateurs
01. Quel type de consommateur sera intéressé par le projet ?
02. Combien d'acheteurs potentiels y a-t-il ?
03. Où vivent les acheteurs potentiels ?
04. Le prix prévu pour l'un des voyages (ou attractions) est-il adapté
aux possibilités des acheteurs ?
05. Quelle pourrait être le montant des services proposés ?
06. Quelle probabilité y a-t-il pour que ce marché trouve une
rentabilité et évolue dans le sens de la demande ?
07. Quelle pourrait être la régularité d'achat des places ?
08. Existerait-il des variations saisonnières dans la vente de ces places
et de ces services touristiques ?
09. Quels aspects des services proposés intéressent le plus les
acheteurs ?
B. Les circuits de distribution des places
10. Par l'intermédiaire de quel(s) circuit(s) ce genre de services peut-il
parvenir aux acheteurs ?
11. Comment des entités de la concurrence prévoient-elles de vendre
ces services et places ?
12. Quelles sont les organisations susceptibles d'assurer de tels services ?
C. La concurrence
13. Quelle peut être la concurrence de la vente des places et des services ?
14. Quelle pourrait être la situation sur ce marché potentiel des
différentes organisations concurrentielles ?
15. Est-il probable que la concurrence fournisse un plus gros effort ?
16. Le lancement rapide est-il facile ou probable ?
La NASA et les organismes liés aux recherches dans l'espace semblent posséder le monopole
quant à l'adoption de projets en vue du tourisme spatial. Dans le cas
d'une décision de laisser à des organismes privés (intermédiaires)
le soin d'assurer les services qu'une telle entreprise suppose, il semble évident
que ceci introduira une concurrence de ces organismes. Il pourrait s'agir d'agences
de voyage qui amplifieraient l'horizon des services qu'elles proposent.
Toute décision à prendre est sujette aux informations recueillies, aux informations pertinentes
concernant le sujet - projet - et il faut prévoir toutes les réponses.
Tout projet s'accompagne d'un calendrier (conformément au temps qui nous
est imparti) et d'un devis. L'analyse dépend de la profondeur de précision
de l'étude de marché. Si l'étude de marché fait
coïncider les intervenants de l'offre et de la demande, les services et
les produits vendus (tels que les objets souvenirs, cartes postales, dépliants
et revues spécialisées détaillant les excursions, l'évolution
des projets, explicités d'images photographiques prises dans l'espace),
le marketing et le service de recherche sont étroitement liés
(cf. prise en compte des projets). Les différentes sources que nous pouvons
consulter et à partir desquelles nous fournissons l'information prétendent
détailler l'information et ouvrent des possibilités. Il est clair
que l'on ne vend pas les mêmes services en fonction du projet qu'il nous
faut parfaitement connaître dans ses moindres détails.
Par le choix du consommateur dont la fréquence d'achat est trop faible, la méthode des panels
s'impose en fonction d'un échantillon encore réduit et qualitatif.
Notre démarche, par une étude de terrain, viserait à prendre
contact avec les clients potentiels, les agents et partenaires commerciaux.
Se met par ailleurs en place une concurrence internationale. Une dimension internationale
intervient dans l'étude, apportant une difficulté supplémentaire
au moment où aux Etats-Unis ou au Japon, des agences commercialisent
déjà des tickets en prévision de vacances sur la Lune.
A Seattle, une officine privée vend des packages aller-retour en navette
privée - qui reste à construire - à partir de 200 000 F.
A Tokyo, le groupe de construction Shimizu envisage de bâtir des hôtels
spatiaux de même qu'un palace lunaire (coût prévisionnel
de ce voyage jusqu'à 400 000 F pour 3 nuits).
Notre étude devrait prendre en compte les comportements commerciaux, sociaux et culturels. Il en résulte
un coût élevé, des risques à mesurer, une décision
stratégique d'approche dans l'estimation du degré d'attractivité
de ce nouveau marché sur le long terme, eu égard aux investissements
considérables (distribution du service, concurrence, instruments publicitaires,
veille technologique).
La notion de prix suppose une quantité d'argent nécessaire pour acquérir un service ou
un biens (souvenirs...). La NASA, l'ESA et la RKA semblent être les organismes
susceptibles d'approuver une mise en oeuvre de diffusion du tourisme spatial
puisqu'ils s'assurent de la recherche quant aux vols extra-terrestres. La NASA
pourrait s'assurer de la vente de billets de voyage d'une manière directe
ou indirecte par un intermédiaire de distribution, laissant entrevoir
une différence entre le prix tarif initial et le prix de vente à
l'acheteur final. Les coûts directs du voyage (prix de lancement de la
fusée ou de la navette, carburant, équipage accompagnateur...)
sont fixés. Actuellement un vol de la navette américaine est estimé
à 3 000 000 F. et on espère diviser ce coût par 100 voire
1000 dans les décennies à venir, grâce aux progrès
technologiques. Il est on ne peut plus clair que l'objectif à atteindre,
quant à la fixation de prix, relève du problème central
de la rentabilité qu'il faut maximiser afin de "rentrer dans ses
frais".
Le prix de vente d'un billet pour un voyage sur la Lune ou la station orbitale ISS dépend de la structure
des coûts de la "production" citée (voyage, matières
premières inhérentes à la fabrication des diverses structures
et infrastructures des projets et accueil, ensemble des services compris dont
la suppression des déchets) mais également de la commercialisation
et de la communication du service touristique. Viennent s'ajouter les charges
pour la distribution (marges). On s'adresse donc au segment dont la demande
est la plus inélastique. L'objectif d'image que l'on souhaite donner
au service s'exprime à l'aide de son "positionnement" vis-à-vis
des autres services proposés par une concurrence.
Au niveau concurrentiel, l'évolution future de la prévision est difficile à évaluer, au niveau
de la distribution de billets, le prix final a une influence sur les décisions
d'achat du client. Il apparaît également clairement une originalité
et la non substitualité des services et biens proposés, ce qui
induit à la fois le sentiment pour l'acheteur de ne pouvoir les remplacer
et la faible élasticité dans le contexte actuel.
En vue d'enquêtes sur les attitudes des clients à l'égard du prix (connaissance du prix
et importance attachée à celui-ci, niveau d'acceptabilité
du prix), une fixation du prix est recommandable par une approche des coûts,
par un calcul du prix de revient unitaire complet (coûts variables - tel
que le prix du carburant - et frais fixes), en ajoutant une marge nette. La
politique des coûts, grâce aux progrès techniques et, faute
de ne pouvoir le diminuer, devrait maintenir le niveau du prix et réaliser
un profit permettant une rentabilité. Une action promotionnelle n'est
pas envisageable dès le lancement des prestations malgré un projet
"lune de miel" dans l'un des hôtels lunaires du groupe Shimizu.
Par ailleurs l'élasticité de la demande par rapport au prix devrait
montrer la capacité du client à accepter cette politique lorsque
sont recherchés les deux objectifs majeurs : la rentabilité et
la conquête et stabilisation de parts de ce nouveau marché. De
plus, tout bien (objets souvenirs, assurances...) est soumis à une politique
de prix sur un marché monopolistique dès leur lancement, par l'existence
d'un prix fixe (coûts directs et indirects, fixes, tels que l'amortissement
des machines de fabrication des objets souvenirs, et variables, tels que le
transport et les livraisons, le coût des billets de voyage, de leur impression
et émission). Le prix pourrait jouer un rôle de frein à
l'achat si les cibles initiales n'étaient pas constituées d'une
élite déjà énoncée.