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La notion récente de tourisme spatial fait apparaître une polysémie ou une série
de connotations qu'il nous faut développer. Le tourisme désigne
une activité de loisir qui consiste à voyager pour son agrément.
Plus proche encore de l'aspect et de la pratique marketing, il s'agirait de
l'ensemble des services et des activités liés à l'organisation
des déplacements des touristes. Cette première constatation nous
invite à réfléchir sur l'aspect marketing qu'il nous faudrait
développer, à savoir si notre projet promotionnel consiste à
organiser un voyage dans un lieu défini par le terme "spatial"
- acheminement, aller-retour, en laissant le soin à un organisme d'assurer
l'organisation d'un séjour touristique - ou si notre but regroupe toutes
les fonctions inhérentes à l'ensemble des services et des activités
liés au voyage ainsi qu'au loisir (y compris hébergement, repas,
système d'assurance, de rapatriement...).
L'adjectif "spatial" - de l'espace, dans l'espace - est relatif à notre perception ou représentation
de l'espace et renvoie dans un deuxième sens à l'espace interplanétaire
ou interstellaire. La définition plus complexe du terme "espace"
renvoie, quant à elle, à une étendue indéfinie contenant
et englobant tous les objets et toutes les étendues finies. Le deuxième
sens fait apparaître une étendue dans laquelle se meuvent les astres
(milieu extra-terrestre). Un autre sens fait apparaître la notion de surface
ou étendue limitée, une surface, un volume ou une place déterminée.
Il pourrait s'agir de l'espace aérien (partie de l'atmosphère
située au-dessus d'un territoire, dans laquelle la circulation des avions
est réglementée) ou de l'espace vert (surface réservée
aux parcs, aux jardins) et pourquoi pas, dans l'extension, simplement de l'espace
délimité d'un parc touristique pour peu qu'il se situe sur une
plate-forme surélevée et dans lequel le touriste séjournerait.
Les activités qui y seraient proposées correspondraient avec l'espace
aérien. Par ailleurs, l'espace constitue un intervalle, une distance
entre deux points.
Cette première approche terminologique - certes nécessaire - relative à la mise en place
d'une application marketing atteste l'existence d'un niveau différent
de compréhension, et par là même, d'une recherche aiguë
d'un certain nombre de projets. En fonction de la configuration donnée
par le terme spatial et dans son extension étymologique, semblent apparaître
les quelques esquisses de projets et de services productifs à promouvoir
dans le cadre d'une démarche marketing :
1. la constitution d'une infrastructure sur la Lune ou sur l'un des satellites
du système solaire et pour laquelle un voyage de courte durée
est rendu possible
2. un voyage de plusieurs jours en orbite autour de la Terre (pouvant être
associé au romantisme pour un couple) comprenant la pension nocturne
dans un luxueux hôtel orbital
3. la visite guidée d'anciennes stations orbitales ayant servi de bases
aux expériences scientifiques d'avant-garde
4. l'organisation diffusée de phases touristiques permise par la future
constitution de la station orbitale ISS.
Dans une appréhension restreinte de la polysémie, une conception plus "terre-à-terre"
justifie le dessein de :
1. l'application du cyber-espace, permettant un tourisme de découverte,
de "voyage" dans l'espace planétaire, impliquant plutôt
un tourisme limité puisqu'il ne suppose qu'un déplacement virtuel.
Le client pourrait visualiser et "visiter" l'espace en chaussant un
casque virtuel dans son agence de voyage. Nous ne nous attacherons néanmoins
pas à ce cas de figure dans la mesure où seule une polysémie
du voyage dans son sens figuratif permet une dérivation du sens communément
répandu du terme tourisme.
2. la création d'une sorte de parc d'attraction apparenté au Futuroscope,
édifié au-dessus du sol et recréant des attractions et
des parcours en vue de pallier au manquement actuel de la conquête touristique
orbitale. Parmi les attractions, il pourrait s'agir, par exemple, d'édifier
une reconstitution de Saturne et d'organiser un parcours sur ses anneaux. Une
exploration de l'intérieur des planètes reconstituées serait
également à suggérer. Une découverte temporelle
et spatiale, en somme.
Cette dernière esquisse tendrait peut-être à affirmer que
le non moins célèbre réseau urbain du métropolitain
aérien parisien eût pu constituer, par une extension de ses lignes
aux métropoles nationales, une sorte de tourisme spatial.
Malgré une démarche qui tend à s'affiner dans l'environnement de l'imaginaire, il ne s'agit
en aucun cas pour nous de tomber dans les écueils des concepts de l'utopie.
Nous nous évertuerons donc à nous baser sur des conceptions scientifiques
réelles et actuelles.
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